J’ai rencontré une femme lors d’une formation professionnelle à Nantes : le témoignage d’une rencontre inattendue qui me bouleverse
- 20 juin
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Dernière mise à jour : 21 juin
Partir à une formation professionnelle à Nantes sans imaginer que l’on puisse y faire une rencontre amoureuse
Lorsque j’ai quitté Bordeaux pour participer à une formation nationale organisée par mon entreprise, j’étais loin d’imaginer que ces trois jours allaient marquer un tournant dans ma vie personnelle. Je travaille au sein d’un très grand groupe français qui compte plusieurs milliers de collaborateurs répartis sur l’ensemble du territoire. Chaque année, l’entreprise organise des rassemblements destinés à renforcer les compétences des équipes, à favoriser les échanges entre les différentes régions et à créer du lien entre des personnes qui collaborent parfois à distance sans jamais avoir eu l’occasion de se rencontrer. Cette année, c’est à Nantes que se déroulait l’événement. Plus de cinq cents salariés avaient fait le déplacement pour assister à trois journées mêlant conférences, ateliers, tables rondes, interventions de la direction et activités de cohésion. Je m’y rendais accompagnée de deux collègues bordelaises avec lesquelles je m’entends très bien et avec qui je pensais naturellement passer la majeure partie du séjour. À ce moment-là, je considérais cette formation comme une simple parenthèse professionnelle, agréable sans doute, enrichissante certainement, mais rien de plus. Je ne savais pas encore qu’une rencontre allait rapidement prendre toute la place dans mon esprit.
Une rencontre lors du premier dîner du séminaire d’entreprise
La première journée s’est déroulée à un rythme soutenu entre présentations stratégiques, ateliers participatifs et temps d’échanges. En fin d’après-midi, après avoir récupéré nos chambres à l’hôtel, nous avons rejoint le lieu choisi pour la soirée d’accueil. L’entreprise avait vu les choses en grand. Dans une vaste salle décorée aux couleurs du groupe, plusieurs centaines de collaborateurs se retrouvaient autour d’un cocktail dinatoire destiné à favoriser les rencontres entre salariés venus de toute la France. L’ambiance était particulièrement conviviale. Certains retrouvaient des collègues connus de longue date, d’autres faisaient connaissance pour la première fois. Lorsque le moment du dîner est arrivé, chacun a pris place autour de grandes tables rondes réparties dans la salle. C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Mélanie.
Je me suis installée à une table où il restait quelques places disponibles sans imaginer que ce choix anodin allait avoir autant d’importance. Mélanie était assise en face de moi. Elle avait 41 ans, un sourire lumineux et une présence qui attirait naturellement l’attention sans qu’elle cherche à se mettre en avant. Nous avons commencé à discuter comme le font généralement deux collègues qui ne se connaissent pas encore. Nous avons parlé de nos régions respectives, de nos métiers, de notre parcours au sein de l’entreprise et de nos impressions sur cette première journée de formation. Pourtant, très rapidement, la conversation a pris une tournure différente. Les échanges étaient fluides, spontanés et particulièrement naturels. J’avais l’impression que nous nous connaissions déjà alors que nous venions tout juste d’être présentées. Au fil du repas, je me suis surprise à attendre ses réactions, à chercher son regard lorsqu’une anecdote amusante était racontée à table et à ressentir cette sensation rare que le temps passe beaucoup trop vite lorsque l’on parle avec quelqu’un.
Les animations du séminaire ont renforcé notre complicité
Après le dîner, plusieurs animations avaient été organisées afin de prolonger la soirée. Un groupe de musique assurait l’ambiance, des espaces de jeux avaient été installés et un photobooth permettait aux participants d’immortaliser ces moments de convivialité. Comme beaucoup d’autres collaborateurs, nous avons participé aux différentes activités proposées. À un moment de la soirée, nous nous sommes retrouvées devant le photobooth. Ce qui devait être une photo amusante parmi tant d’autres est finalement devenu un souvenir auquel je repense encore aujourd’hui. Nous avons posé ensemble, ri pour un rien, multiplié les clichés et partagé cette légèreté que l’on ressent parfois lorsqu’une complicité naît naturellement entre deux personnes. Lorsque les photos ont été imprimées quelques secondes plus tard, nous avons plaisanté en découvrant nos expressions parfaitement synchronisées. Avec le recul, je crois que quelque chose s’était déjà installé entre nous à ce moment-là, même si aucune de nous n’en avait encore pleinement conscience.
Le lendemain matin, mes deux collègues bordelaises ont commencé à remarquer que je passais beaucoup de temps avec Mélanie. Ils me lançaient des remarques amusées chaque fois qu’ils me voyaient rejoindre spontanément celle qui était encore, officiellement, une simple collègue rencontrée la veille. La vérité est que je cherchais déjà sa présence sans vraiment me l’avouer. À chaque pause-café, mon regard parcourait la salle pour la trouver. Lorsque les participants se répartissaient dans les différents ateliers, je ressentais une satisfaction discrète lorsque nous nous retrouvions dans le même groupe. Les heures passaient et j’avais l’impression que les conversations que nous n’avions pas encore eues étaient plus nombreuses que celles déjà partagées.
Une attirance qui se construit au fil des discussions et des confidences
Je suis lesbienne et j’ai appris au fil des années à reconnaître les émotions qui accompagnent une attirance naissante. Pourtant, ce que je ressentais pour Mélanie ne ressemblait pas à un simple coup de cœur physique. Bien sûr, je la trouvais hyper séduisante, mais ce qui m’attirait le plus était sa personnalité. J’aimais sa façon de réfléchir, son humour, son intelligence émotionnelle et cette capacité qu’elle avait à rendre chaque conversation intéressante. Nous parlions de sujets légers comme de sujets profonds avec la même facilité. Nous évoquions nos voyages, nos familles, nos projets, nos souvenirs d’enfance et nos aspirations pour les années à venir. Plus le temps passait, plus je découvrais une femme dont les valeurs ressemblaient aux miennes.
La deuxième soirée du séminaire a constitué une étape importante dans notre rapprochement. Après une nouvelle journée de formation, l’entreprise avait organisé une grande soirée de cohésion regroupant l’ensemble des participants. Plusieurs activités étaient proposées : défis collaboratifs, quiz interactifs, animations en équipe et moments festifs destinés à renforcer les liens entre collaborateurs. Une nouvelle fois, le hasard ou peut-être autre chose a fait que nous avons passé une grande partie de la soirée ensemble. À mesure que les heures passaient, nos discussions devenaient plus personnelles. Alors que nous nous étions éloignées quelques instants de l’agitation générale pour discuter plus tranquillement sur une terrasse, Mélanie m’a parlé de sa vie avec une sincérité qui m’a profondément touchée. Elle m’a confié qu’elle était séparée depuis quelque temps et qu’elle traversait une période de reconstruction. Quand je lui ai avoué être homo, elle a souri et m’a expliqué que tous ses compagnons avaient été des hommes mais qu’à l’âge de 25 ans, elle avait déjà été attirée par une femme qui l'avait embrassée lors d'une soirée en discothèque. Ce fut bref, mais marquant, au point de rester gravée dans sa mémoire de nombreuses années plus tard.
En l’écoutant, j’ai ressenti quelque chose de difficile à décrire. Ce n’était pas seulement l’émotion de découvrir un aspect intime de sa vie. C’était aussi la sensation qu’elle me faisait suffisamment confiance pour partager une partie importante de son histoire. À partir de ce moment-là, j’ai compris que mon attirance pour elle était devenue bien réelle, peut-être aussi parce que le fait qu'elle ait déjà embrassée une femme bien qu'hétéro était une porte ouverte. Je continuais pourtant à rester prudente. Je ne voulais pas brusquer les choses ni interpréter à tort certains signes. Je me contentais donc de profiter de sa présence, tout en laissant transparaître mon intérêt à travers de petites attentions et une disponibilité que mes collègues avaient depuis longtemps remarquée.
Le dernier soir à Nantes et ce moment que je n’oublierai jamais
Lorsque la troisième journée est arrivée, une évidence s’est imposée à moi : je n’avais aucune envie que cette parenthèse se termine. Les heures défilaient beaucoup trop vite et la perspective de rentrer chacune de notre côté me rendait étonnamment mélancolique. Tout au long de la journée, nous avons profité de chaque occasion pour échanger quelques mots supplémentaires. Nous avions déjà échangé nos numéros de téléphone et nous savions toutes les deux que notre relation ne s’arrêterait pas à la fin du séminaire. Malgré cela, l’idée de nous quitter me semblait difficile.
Après le dîner de clôture, plusieurs groupes se sont formés pour profiter une dernière fois de la soirée avant les départs du lendemain. Peu à peu, les participants ont commencé à rentrer à l’hôtel. Mélanie et moi avons continué à discuter et, presque naturellement, nous avons décidé d’aller marcher dans Nantes avant de rejoindre nos chambres. Cette promenade reste aujourd’hui l’un de mes plus beaux souvenirs. Pour la première fois depuis notre rencontre, nous étions totalement seules. Il n’y avait plus les collègues, plus les conférences, plus les animations, plus les obligations liées au séminaire. Il n’y avait que deux femmes qui apprenaient à se découvrir et qui semblaient incapables de mettre fin à cette soirée.
Nous avons marché longtemps dans les rues encore animées du centre-ville. Nous avons parlé de nos parcours, de nos peurs, de nos espoirs et de cette étrange sensation que certaines rencontres semblent arriver au bon moment, même lorsque l’on ne les attend pas. Je crois que nous savions toutes les deux ce qui était en train de se passer entre nous, mais aucune n’avait encore trouvé les mots pour le dire. Puis il y a eu un instant suspendu. Un silence doux et confortable, loin d’être gênant. Nous nous sommes regardées et tout est devenu incroyablement simple. Sans déclaration spectaculaire ni grand discours, nous nous sommes embrassées. Ce baiser avait quelque chose d’évident. Il n’était ni précipité ni hésitant. Il ressemblait simplement à l’aboutissement naturel de ces trois jours passés à nous rapprocher.
Trois semaines plus tard, je n’ai qu’une envie : revoir Mélanie
Aujourd’hui, cela fait trois semaines que j’ai rencontré Mélanie lors de ce séminaire/formation professionnelle à Nantes et je pense encore à elle chaque jour. Depuis notre retour respectif, nous échangeons quotidiennement. Les messages se sont transformés en appels, les appels en longues conversations qui se prolongent parfois tard dans la soirée. Bien sûr, j’ai des doutes. Nous habitons à plusieurs centaines de kilomètres l’une de l’autre et nous sommes encore au tout début de cette histoire. La distance n’est jamais un détail et il serait naïf de prétendre que tout sera simple. Pourtant, malgré ces interrogations légitimes, une conviction demeure au fond de moi : cette rencontre n’a rien eu d’anodin.
Nous nous connaissons depuis peu de temps et pourtant j’ai l’impression qu’un lien rare s’est créé entre nous. Nous partageons énormément de points communs, nous rions constamment ensemble et nous avons développé une complicité qui me semble presque déconcertante tant elle est naturelle. Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve et je ne cherche pas à tout prévoir. Ce que je sais en revanche, c’est que lorsque je suis montée dans ce train à Bordeaux pour participer à un simple séminaire d’entreprise, je ne m’attendais certainement pas à rencontrer une femme qui occuperait une place aussi importante dans mes pensées trois semaines plus tard. Et si une chose est certaine aujourd’hui, c’est que je n’ai qu’une envie : la revoir.
Photos non contractuelles.
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