Je n’ai jamais eu de petit ami à 25 ans : et si je me trompais sur qui je suis ?
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Je ne me suis jamais intéressée aux relations amoureuses
Je m’appelle Maëlys, j’ai 25 ans, et pendant longtemps, je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt que les autres semblaient porter aux relations amoureuses. Au collège déjà, quand mes amies commençaient à parler de leurs premiers coups de cœur, je me sentais à part, mais pas forcément malheureuse. Ça ne me manquait pas, ça ne m’attirait pas non plus, et surtout, je n’avais pas cette curiosité que je voyais chez les autres. Au lycée, c’était pareil, les histoires de couples, les premiers baisers, les déceptions… tout ça me semblait presque étranger, comme si je regardais un film sans jamais m’y projeter.
J’ai toujours eu des amis, beaucoup même, mais ils restaient des amis. Je n’ai jamais ressenti cette envie de franchir une barrière, de transformer une relation en quelque chose de plus intime. On m’a souvent dit que ça viendrait, que je n’avais simplement pas encore rencontré la bonne personne, et pendant longtemps, j’ai accepté cette explication sans me poser davantage de questions.
“Pourquoi tu ne trouves pas de mec ?” : une question qui revient sans cesse
Avec les années, la question est devenue récurrente, presque automatique dans certaines discussions. Mes amis, parfois ma famille, me demandent souvent pourquoi je ne suis pas en couple, pourquoi je ne “trouve pas quelqu’un”. Et à chaque fois, je réponds la même chose, avec un mélange de sincérité et de détachement : je n’en ressens pas le besoin. Pour moi, être en couple n’a jamais été une nécessité.
J’ai eu d’autres priorités, d’autres objectifs, et surtout un parcours très prenant. Aujourd’hui, je suis en sixième année de médecine, et pendant longtemps, mes études ont occupé une place centrale dans ma vie. Je me suis construite autour de ça, avec l’idée que l’épanouissement ne passait pas forcément par une relation amoureuse. Et je crois que j’y ai vraiment cru.
Une vie entourée… mais jamais amoureuse
Ce qui est paradoxal, c’est que je ne suis pas isolée. J’ai des amis proches, des relations sincères, et parmi eux, plusieurs femmes lesbiennes. Mais je n’ai jamais vraiment réfléchi à ce que ça pouvait signifier pour moi. Je n’ai jamais ressenti le besoin de mettre un mot sur ce que j’étais ou ce que je ressentais, peut-être parce que, justement, je ne ressentais rien de particulier sur le plan amoureux.
Je ne voulais pas me mettre dans une case. Je me disais que je n’avais pas à définir mon orientation, puisque je n’étais attirée par personne. C’était plus simple comme ça, plus confortable aussi. Jusqu’à ce que quelque chose vienne perturber cet équilibre.
Cette soirée à Paris qui a tout remis en question
Il y a un peu plus d’un an, je suis sortie à Paris avec des amis. Une soirée classique, à boire des verres, rire, danser, profiter du moment. Deux garçons se sont joints à notre groupe, et l’ambiance était légère, sans pression. L’un d’eux était clairement dans la séduction, mais ça ne m’a ni dérangée ni intéressée. À un moment, sur le ton de la plaisanterie, il m’a lancé : “C’est que je te plais pas ou c’est peut-être que t’es lesbienne ?” Sur le coup, tout le monde a ri. Moi aussi. Mais intérieurement, quelque chose s’est figé. C’était la première fois que quelqu’un formulait cette possibilité à voix haute. Je n’avais jamais envisagé ça sérieusement. Pas parce que je rejetais l’idée, mais simplement parce que je ne m’étais jamais posé la question.
Et si j’étais attirée par les femmes sans le savoir ?
Depuis cette soirée, cette phrase est restée quelque part en moi. Au début, je l’ai ignorée, comme un détail sans importance. Mais avec le temps, elle a commencé à revenir, de plus en plus souvent. Et si c’était vrai ? Et si le fait de ne jamais avoir été attirée par les hommes voulait dire quelque chose ?
Le plus troublant, c’est que je n’ai pas non plus de certitude concernant les femmes. Je ne peux pas dire que j’ai déjà été amoureuse, ni d’un homme, ni d’une femme. Alors je me retrouve dans une zone floue, sans repères, sans évidence. Juste avec des questions.
Le regard des autres et le malaise des réponses
Récemment, mon frère m’a posé la question, presque naturellement : “Tu préfères pas les filles, en fait ?” J’ai répondu du tac au tac, un peu trop vite : “Non, mais non, pas du tout, n’importe quoi.” J’étais mal à l’aise, presque sur la défensive, comme si je devais rejeter une hypothèse que je n’avais même pas encore explorée moi-même.
Ce qui me dérange, ce n’est pas tant la question, mais le fait de ne pas avoir de réponse claire. J’ai l’impression de ne pas me connaître sur un aspect pourtant central de l’identité.
À 25 ans, le poids du décalage
Avant, tout ça ne me dérangeait pas. Vraiment. Je me sentais différente, mais pas en décalage. Aujourd’hui, c’est différent. Autour de moi, les choses avancent : des couples se forment, des projets de vie se construisent, certains parlent de mariage, d’enfants. Et moi, je suis toujours au même point. Ce n’est pas tant le fait d’être seule qui me pèse, mais plutôt l’impression de ne pas savoir qui je suis. Comme si j’avais laissé de côté une partie de moi pendant trop longtemps, et qu’aujourd’hui, elle revenait sans que je sache comment l’accueillir.
Qui suis-je vraiment ?
Je n’ai jamais été amoureuse. Je ne sais pas ce que ça fait, ni ce que je suis censée ressentir. Et aujourd’hui, je me demande si mon absence d’intérêt pour les hommes est simplement une question de timing… ou si elle révèle quelque chose de plus profond.
Est-ce que je suis attirée par les femmes ? Est-ce que je suis simplement quelqu’un qui ne ressent pas le besoin d’aimer ? Est-ce que ça viendra un jour, ou est-ce que je dois accepter que mon chemin soit différent ? Je n’ai pas encore les réponses. Mais pour la première fois de ma vie, je me pose vraiment la question. Et même si c’est déstabilisant, c’est peut-être aussi le début de quelque chose.
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