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Être noire et lesbienne dans une famille homophobe et religieuse


Thalya, 24 ans - Noire et lesbienne

femme noire et lesbienne

Je suis en couple avec une femme blanche depuis trois ans. Qu’est-ce que je l’aime ! Je me sens si heureuse, si pleine, si moi-même quand je suis avec elle. Nous habitons ensemble depuis un an. Mais cela fait aussi un an que je me sens abattue au plus profond de mon être… En effet, j’ai tout pour être heureuse, une femme qui m’aime, des amis en or, un job de rêve, mais il me manque quelque chose… Si seulement je pouvais l’atteindre, rien que du bout de mes doigts.

Je viens d’une toute petite île lointaine que je connais peu. Mais de ce que j’en sais, il y fait beau, on y mange bien, les gens sont chaleureux, mais ils sont en réalité si fermés d’esprit que l’homosexualité ne peut rivaliser ni avec la religion ni avec les mentalités déjà bien ancrées.

Ma famille vit depuis très longtemps en France, mais reste très conservatrice, conventionnelle et très croyante. Comment ai-je survécu au sein d’une fratrie où je n’ai clairement pas ma place ? C’est vrai après tout, je suis si différente… Je suis très ouverte d’esprit, je ne suis ni croyante, ni pratiquante, et surtout, je suis lesbienne. Comment vivre là où l’homosexualité est perçue comme « anormale », une « abomination », une « maladie », « l’œuvre de Satan » et j’en passe ?



Pointée du doigt par ma propre famille


Je suis la plus jeune, d’une famille de 5 enfants. Les différences de couleurs de peau, d’âge, de religion, d’origines ethniques n’ont jamais été un problème, mais l’homosexualité n’est en revanche pas « concevable » selon mon père.


Cela fait deux ans que j’ai quitté ce foyer oppressant et un an que je leur ai fait mon coming out… Depuis, toutes ces horreurs raisonnent dans ma tête. Je n’ai pourtant ni volé, ni tué. Jamais je n’aurais pensé qu’aimer pouvait être considéré comme un crime.

Du haut de mes 1m73, j’encaisse les coups de ces paroles si douloureuses, ces paroles qui ne font que saigner mes oreilles, avant d’atteindre mon cœur. J’ai l’impression d’être si fragile, si petite, si impuissante…


Une partie de moi s’accroche au seul soutien de mon frère et l’autre partie de moi s’éteint de plus en plus et m’éloigne petit à petit d’eux. C’est douloureux, car je les aime tout de même. Mais leur amour pour moi n’est probablement pas assez fort pour accepter le fait que je suis celle que je suis et que même si j’en avais le pouvoir, jamais je ne changerais. Je ne peux et je ne veux pas suivre le « droit » chemin que l’on m’a gentiment tracé, et ainsi renoncer à mon bonheur.



Est-ce légitime que je sois égoïste à ce propos ?


Les choses ont l’air si simples du côté de ma chère et tendre, sa famille est si attachante, ouverte et d’un grand soutien. Les moments passés à leurs côtés m’apaisent et m’attristent à la fois. Je donnerai tant pour que ma famille soit aussi fière de moi. Mais je rêve sans doute beaucoup trop.


Dans ma tête, tout est chaotique, mes pensées s’entremêlent et m’empêchent très souvent de dormir : dois-je les oublier pour de bon ? Continuer de les voir sans parler de ma vie amoureuse ? Subir leurs réflexions en espérant qu’un jour, ils accepteront ? Et si j’avais grandi au sein d’une famille blanche et athée, est-ce que les choses auraient été différentes ? Et si je quittais Paris ? Et si ma chérie ne supporte plus tout cela ? Et si…

Je ne sais plus trop quoi penser, mon cerveau va exploser. Avec des si nous referions le monde… Dois-je apprendre à vivre pour moi, rien que moi ? Où remettre en question tout ce que j’ai construit jusqu’à présent pour me faire accepter par ma famille ?


Photos non contractuelles.

 

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