Et si le problème n’était pas toi ? Comprendre les red flags dans une relation entre femmes
- 17 août
- 4 min de lecture
Il y a quelque chose qui me dérange profondément dans certains discours actuels autour du développement personnel : cette idée selon laquelle nous devrions toujours « guérir » de nos réactions, apprendre à mieux gérer nos émotions, prendre du recul, rester alignées, comprendre nos blessures… comme si le problème se trouvait nécessairement en nous.
On nous apprend à nous demander pourquoi nous avons trop accepté, pourquoi nous avons laissé certaines choses durer, pourquoi nous nous sommes autant investies, pourquoi nous sommes devenues méfiantes, blessées, en colère ou épuisées. Mais on oublie parfois l’essentiel : tu n’es pas toujours responsable de ce que tu as vécu dans une relation.
Et si tes réactions étaient une réponse à ce que tu vis ?
Et surtout, tes réactions ne naissent pas toujours de nulle part. Elles peuvent être la conséquence de comportements répétés de l’autre que ton entourage ne voit pas, ne comprend pas ou minimise. Parce qu’une relation se vit à deux, dans l’intimité. Et ce qui se passe derrière une porte fermée ne ressemble pas toujours à ce que les autres perçoivent de l’extérieur.
Tu n’es pas « trop » parce que tu réagis
Alors non, tu n’es pas « hystérique » parce que tu protestes lorsqu’on te parle mal.
Tu n’es pas « chiante » parce que tu demandes du respect, de l’attention ou de la considération.
Tu n’es pas excessive parce que tu finis par t’énerver lorsque tu as le sentiment de porter seule la relation, la charge mentale ou les responsabilités du quotidien.
Tu n’es pas forcément « trop sensible » parce que certaines paroles te blessent.
Et tu n’as pas nécessairement un problème de gestion des émotions parce que tu finis par craquer après avoir demandé, expliqué, répété et attendu.
Les relations entre femmes ne sont pas à l’abri des relations toxiques
Dans les relations entre femmes, ces mécanismes peuvent être particulièrement difficiles à identifier. Parce que nous avons parfois intégré l’idée qu’une relation entre deux femmes devrait être naturellement plus douce, plus compréhensive, plus égalitaire.
Comme si le fait d’être deux femmes devait nous protéger des rapports de pouvoir, de la manipulation, de l’indifférence, de la violence psychologique ou simplement d’un manque de considération. Mais ce n’est pas parce qu’une relation est entre deux femmes qu’elle est nécessairement saine. Et ce n’est pas parce que vous vous aimez que tout doit être accepté.
L’amour ne justifie pas tout
Une relation peut être profondément amoureuse et pourtant devenir douloureuse.
On peut aimer quelqu’un et se sentir constamment incomprise, négligée, rabaissée ou épuisée.
On peut être très attachée à une femme et malgré tout constater que la relation ne nous fait plus du bien.
L’amour n’efface pas les comportements qui blessent.
Quand le développement personnel devient une nouvelle façon de se culpabiliser
Il existe aussi une autre injonction, plus subtile, véhiculée par certains discours de développement personnel : celle qui consiste à croire qu’une personne « évoluée » devrait rester calme, posée, alignée et ancrée en toutes circonstances.
Comme si la colère était forcément un manque de maîtrise de soi.
Comme si poser une limite signifiait manquer de douceur.
Comme si demander davantage signifiait être dans le contrôle.
Comme si partir d’une relation qui nous fait du mal signifiait que nous n’avions pas suffisamment travaillé sur nous-mêmes.
Être « alignée » ne signifie pas tout accepter
Mais parfois, la colère est un signal.
Parfois, l’épuisement est un signal.
Parfois, le malaise est un signal.
Parfois, le fait de ne plus se reconnaître dans une relation est précisément ce qui devrait nous pousser à regarder la relation elle-même, plutôt que de chercher immédiatement ce qui ne va pas chez nous.
Le respect n’est pas quelque chose que tu dois mériter
Le respect, l’attention, la présence, l’écoute, la considération et la non-violence ne sont pas des récompenses que tu dois mériter après avoir suffisamment travaillé sur toi.
Ce sont des bases.
Tu as le droit de les attendre dans une relation amoureuse, y compris dans une relation entre deux femmes.
Tu as le droit de dire que quelque chose te fait mal.
Tu as le droit de demander davantage.
Tu as le droit de poser des limites.
Tu as le droit de ne plus accepter ce qui te détruit.
Et si le problème n’était pas toi ?
Et si tu te sens mal dans une relation qui ne t’apporte pas ces choses essentielles, cela ne signifie pas forcément que tu dois apprendre à être moins sensible, moins exigeante ou plus « détachée ».
Cela peut aussi signifier que quelque chose, dans cette relation, ne te convient pas.
Et si le problème n’était pas toujours toi ?
Et si, avant de chercher à réparer ta colère, tes blessures ou ta façon de réagir, tu regardais aussi ce qui les provoque ?
Parce que parfois, se remettre en question est une force.
Mais parfois, la véritable évolution consiste simplement à arrêter de se remettre en question lorsque quelqu’un nous traite mal.
Identifier les red flags dans une relation entre femmes
Une relation saine ne te demande pas de disparaître pour préserver la paix.
Elle ne te demande pas de taire tes besoins pour éviter les conflits.
Elle ne transforme pas chacune de tes limites en preuve que tu es « trop ».
Et surtout, elle ne te pousse pas constamment à te demander si tu es le problème simplement parce que tu demandes à être respectée.









