Ce roman lesbien qui m'a révelée !
- il y a 1 jour
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 18 heures
Elle m'a offert ce roman F/F et je suis tombée amoureuse
Je m'appelle Anne, et j'habite Beaune. Je n’aurais jamais imaginé écrire ces mots un jour, et pourtant aujourd’hui tout me semble d’une évidence presque troublante, comme si ma vie entière m’avait doucement menée jusqu’à ce point précis sans que je ne le comprenne vraiment au moment où je le vivais. À 49 ans, j’étais veuve depuis huit ans, j’avais connu un amour sincère avec un homme, construit, puis l’absence, le vide, et avec le temps j’avais appris à vivre avec, à apprivoiser la solitude, à en faire quelque chose de presque stable. Magalie, elle, avait 52 ans, divorcée, elle était seule depuis dix ans, ce qui créait entre nous une forme de lien invisible, une compréhension silencieuse de ce que signifie reconstruire une vie quand tout a déjà été vécu une première fois.
Une rencontre simple qui a tout déclenché
Nous nous sommes rencontrées au travail, à une période où je faisais simplement un remplacement de six mois dans son entreprise, sans imaginer une seule seconde que cette parenthèse professionnelle allait bouleverser toute mon existence. Très vite, nous avons accroché, naturellement, sans effort, autour de discussions simples, de rires partagés, de confidences qui venaient presque spontanément, comme si nous nous reconnaissions déjà sans le savoir. Quand mon contrat s’est terminé, nous aurions pu nous perdre de vue comme tant d’autres relations professionnelles, mais ce n’est pas ce qui s’est passé, nous sommes restées en contact, d’abord de temps en temps, puis très vite régulièrement, jusqu’à devenir extrêmement proches, au point que notre lien a dépassé ce que j’aurais appelé à l’époque une simple amitié.
Une amitié devenue indispensable
Nous nous écrivions tous les jours, ou presque, et lorsqu’un silence dépassait deux jours, l’une de nous revenait vers l’autre, comme si ce lien était devenu indispensable à notre équilibre. Nous partagions absolument tout, nos souvenirs, nos histoires passées, nos enfants devenus grands, nos petits-enfants, nos inquiétudes, nos petites joies du quotidien, et même nos blessures les plus enfouies, celles que l’on ne confie pas facilement.
Nous vivions chacune de notre côté, à seulement six kilomètres l’une de l’autre, en Bourgogne, avec nos habitudes bien installées, mais nos vies étaient profondément entremêlées, au point que nous partions en vacances ensemble toutes les deux, que nous fêtions Noël ensemble avec nos familles respectives, et que tout cela semblait parfaitement naturel aux yeux de nos enfants, comme si notre duo faisait partie d’un équilibre déjà accepté. Avec le recul, je comprends aujourd’hui que ce que nous vivions dépassait déjà largement le cadre de l’amitié, mais à ce moment-là je n’avais ni les mots, ni même l’idée de remettre cela en question.
Le cadeau qui a fait vaciller mes certitudes
Le jour de mon anniversaire, Magalie est arrivée chez moi avec un bouquet de fleurs, un geste qui n’avait rien d’inhabituel venant d’elle, toujours attentionnée, toujours présente, puis elle m’a tendu un paquet dans lequel se trouvaient plusieurs cadeaux, une jolie tasse, une box pour un week-end et deux livres, les deux premiers romans d’Élodie Garnier. Elle m’a simplement dit qu’elle les avait lus et qu’ils étaient vraiment super, qu’il fallait absolument que je les lise à mon tour, sans insister davantage, sans laisser paraître quoi que ce soit de particulier.
Le soir même, par curiosité, presque machinalement, j’ai commencé le premier en me disant que j’allais lire quelques pages de Juste une fois pour essayer, sans imaginer une seconde que cette lecture allait déclencher quelque chose en moi que je n’avais jamais ressenti auparavant.
Une lecture qui m’a troublée plus que je ne l’aurais cru
Très vite, je me suis retrouvée plongée dans une histoire d’amour entre deux femmes, et au début je dois avouer que j’étais mal à l’aise, pas dans le sens d’un rejet, mais plutôt comme si quelque chose venait heurter une zone sensible en moi, une part que je n’avais jamais explorée ni même envisagée. C’était une sensation étrange, déroutante, presque déstabilisante, comme si ces mots, ces émotions, ces situations faisaient écho à quelque chose que je ne savais pas nommer. Et pourtant, au fil des pages, je me suis laissée emporter, j’ai continué, incapable de m’arrêter, jusqu’à terminer le livre en moins de vingt-quatre heures, profondément touchée par l’histoire, avec cette pensée persistante que peut-être, dans la vie, on se construit des certitudes sur qui l’on est, alors qu’un simple déclic peut tout faire basculer en une fraction de seconde.
Le déclic que je n’attendais pas
Je n’ai rien dit à Magalie, je n’ai même pas mentionné le fait que j’avais commencé le livre, et presque instinctivement j’ai enchaîné avec le second dès le lendemain soir, une lecture qui s’est transformée en une nuit blanche, tant j’étais absorbée par ce que je lisais. Les passages étaient d’une douceur et d’une sensualité inattendues, jamais brusques, jamais vulgaires, mais au contraire profondément humains, délicats, sincères, et lorsque j’ai refermé ce deuxième roman, une phrase m’est venue immédiatement à l’esprit, comme une évidence qui s’imposait à moi : Je m’attendais à tout sauf à nous.
À partir de ce moment-là, les questions ont commencé à affluer, pourquoi Magalie m’avait offert ces livres, était-ce un simple hasard ou une manière détournée de me faire comprendre quelque chose, et surtout pourquoi ces histoires résonnaient autant en moi au point de provoquer ce trouble que je ne pouvais plus ignorer.
Entre silence, peur et révélation
Pendant plusieurs jours, je suis restée silencieuse, incapable d’aborder le sujet avec elle, comme si cela venait toucher quelque chose de trop intime, de trop enfoui, une part de moi que je n’étais pas prête à exposer. Elle, de son côté, me demandait régulièrement si j’avais lu les livres, avec une insistance légère mais répétée, et je répondais systématiquement que non, sans vraiment comprendre pourquoi je mentais, sinon par peur de ce que cela pouvait révéler. Jusqu’au jour où elle est passée chez moi, qu’elle a aperçu les livres posés sur le buffet et qu’elle a simplement dit qu’elle avait adoré Juste une fois pour essayer, ajoutant que comme quoi il n’est jamais trop tard pour vivre intensément, une phrase qui m’a traversée sans que je sois capable d’y répondre autrement que par un sourire et un changement de sujet.
Ce message qui a changé le cours de ma vie
Ce même soir, en me couchant, j’ai compris que quelque chose avait changé en moi, que l’attachement que j’avais pour Magalie n’était peut-être pas uniquement de l’amitié, et cette pensée m’a à la fois troublée et éclairée, me plongeant dans une confusion profonde sur mon identité, mes sentiments, ce que j’avais vécu jusque-là et ce que je ressentais désormais. J’avais envie de la voir, elle me manquait d’une manière nouvelle, plus intense, plus difficile à ignorer, comme si son absence avait pris une autre dimension.
Puis un matin, elle m’a envoyé un message qui a tout fait basculer, en me disant qu’elle pensait que si elle avait été homosexuelle, c’est de moi dont elle serait tombée amoureuse, une phrase qui a fait battre mon cœur plus vite et à laquelle j’ai répondu presque sans réfléchir que moi aussi, je serais tombée amoureuse d’elle, comme si cette vérité était déjà là depuis longtemps, prête à sortir, et sa réponse, un simple emoji surpris et rougissant, a suffi à confirmer ce que nous n’osions pas encore dire pleinement.
Le moment où tout est devenu évident
Nous nous sommes donné rendez-vous le soir même chez elle, et lorsque je suis arrivée, une gêne nouvelle s’était installée, un mélange de timidité et d’attente, alors que nous nous connaissions pourtant par cœur. Je me suis déchaussée comme à mon habitude, mais au lieu de me faire la bise, elle s’est approchée et m’a embrassée, et je me suis laissée faire, sans réfléchir, sans résister, comme si tout en moi avait déjà accepté ce moment bien avant qu’il n’arrive.
Quatre ans d’un amour que je n’avais pas vu venir
Cela fait aujourd’hui quatre ans que nous sommes en couple, quatre ans d’un amour que je n’aurais jamais imaginé vivre, un amour profond, sincère, apaisé, qui s’est construit naturellement malgré les doutes du début, malgré les regards extérieurs, malgré les questions que nous avons dû affronter. J’ai compris qu’il n’y a pas d’âge pour se découvrir, pas d’âge pour aimer autrement, pas d’âge pour être pleinement soi, et que parfois la vie nous réserve des chemins inattendus, mais profondément justes.
Ce livre qui a changé ma vie
Je tiens aujourd’hui à remercier Élodie Garnier, car ses livres ont été bien plus que de simples lectures, ils ont été un déclencheur, un miroir, une ouverture vers une réalité que je n’aurais jamais envisagée seule, et sans eux je n’aurais probablement jamais compris que deux femmes peuvent s’aimer, se désirer, construire quelque chose de fort et de beau, même après 50 ans, même après une vie déjà bien remplie. Aujourd’hui, je sais que parfois, il suffit d’un livre pour faire basculer toute une existence, et que certaines histoires, même fictives, ont le pouvoir de révéler les nôtres.
Photos non contractuelles.
Vous êtes homo, bi, hétéro ? Vous avez déjà eu une expérience avec une femme et vous voulez raconter votre histoire ?
Envoyez votre témoignage via le formulaire de contact afin qu’il soit publié sur mon site !








